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Michel Fugain : "Avec Pluribus, la complicité est totale !"

Michel Fugain fut l'un des premiers artistes à se produire sur la nouvelle scène du Théâtre Olympia d'Arcachon, en 2006. Dix ans plus tard, il est de retour, ce soir, sur les planches de notre Théâtre aux côtés de "sa bande", les 11 musiciens de Pluribus. Depuis son village corse, battu par la tempête, le chanteur à succès nous a répondu lundi avec la fougue et la générosité qu'on lui connaît.

Expliquez-nous, Michel Fugain, Pluribus, c'est quoi ?

C'est une bande de musiciens avec qui j'ai des attaches humaines et musicales. Cela fait deux ans que l'on tourne, de concert en concert, ensemble. Et ce n'est qu'un début ! On a encore envie d'évoluer.
Pluribus, c'est, au départ, un esprit, une façon d'envisager le spectacle comme une fête. Vous imaginez, onze musiciens sur scène et moi-même, c'est beaucoup d'énergie ! C'est aussi beaucoup d'arrangements, réalisés par Pierre Bertrand.
Aujourd'hui, Pluribus a fait ses preuves au sein du monde de la musique. Je pense qu'on a créé un truc qui n'existait pas !

Avec Pluribus, retrouvez-vous un peu l'esprit du Big Bazar de vos débuts ?

C'est différent. Le Big Bazar c'était une équipe de 35 chanteurs et danseurs. Avec Pluribus, ce sont des musiciens. Ils tiennent la scène avec une énergie particulière.
Et puis, on ne dialoguait pas avec le public du temps du Big Bazar. Alors, qu'avec Pluribus, on dialogue tout au long du concert.

Quelles chansons interprétez-vous durant ce spectacle ?

Quand on a commencé à travailler sur ce projet, la question ne s'est même pas posée. On a arrangé toutes les grandes chansons de mon répertoire. Soit une bonne dizaine de mélodies et de textes mais on a aussi choisi des titres que les gens ne connaissent pas.
Et puis, tout au long du spectacle, je parle. Je raconte les chansons qui correspondent à des moments importants de ma vie. Cela me permet d'ailleurs, encore aujourd'hui, de mieux comprendre le mec qui a écrit toutes ces chansons ! Car, finalement, ces chansons, elles reflètent ma vie et elles me définissent.

Comment vous vous entendez sur scène avec tous ces musiciens ?

Je peux vous dire qu'on ne s'ennuie pas ! Entre nous, la complicité est totale ! Jouer et chanter ensemble, c'est un peu comme une récréation. Deux heures de récréation ! On joue à fond la dérision. Ils se moquent de moi qui suis largement le plus vieux. J'ai 50 ans de carrière, eux ils n'ont même pas 40 ans !
En fait, on s'amuse et on amuse les gens. Mais, on les "rattrape aussi par la culotte" des fois avec des chansons qui les touchent !

Quelles sont, parmi toutes vos chansons, celles dont vous pensez qu'elles ont le mieux traversé le temps, parce qu'elles continuent de toucher les gens ?

En effet, certaines de mes chansons n'ont pas d'âge, hormis leur emballage, les arrangements. Ces chansons représentent un lien entre le public et moi et puis aussi entre les générations.
Je pense à "Fais Comme l'Oiseau", "La Belle Histoire" mais aussi "Chante comme si tu devais mourir demain", qui n'a pourtant pas marché du tout à sa sortie, ou bien "Je n'aurai pas le temps", qui n'a marché qu'avec le temps !

Pourquoi, selon vous, ces chansons-là précisément sont immortelles ?

Ce sont des chansons plus fortes que le métier, des chansons pas calibrées pour vendre, des chansons qui parlent à chacun de nous. Et puis aussi, elles séduisent par leur mélodie. Pour composer et écrire des chansons, je suis toujours parti d'une mélodie sur laquelle j'ajoutais après un texte. C'est exactement le contraire de ce que font les gens maintenant. Pourtant, c'est la mélodie qui fait souvent le succès de la chanson.

Il y a dix ans, presque jour pour jour, vous étiez là, sur cette même scène du Théâtre Olympia pour son inauguration. Vous vous souvenez de ce moment ?

Bien sûr ! Lors de ce premier spectacle, je me souviens que j'avais souligné à quel point la naissance d'une scène est un heureux événement. Je soutiendrai toujours ça ! C'est formidable quand une population se donne les moyens de visiter de nouvelles idées, de nouvelles émotions. Dans le contexte que l'on connaît aujourd'hui, c'est primordial d'aller au spectacle. Ca veut dire qu'on est vivant !
Je suis assez fier de revenir 10 ans exactement après cette inauguration. Ce sera un beau moment.

Vous vivez en Corse après être passé par Grenoble, où vous êtes né, Paris, les Etats-Unis... Pourquoi vous être arrêté en Corse ?

Connaissez-vous la Corse ? Si c'est le cas alors vous comprendrez pourquoi. La vie est excessivement douce ici. Je suis venu pour la première fois dans cette île en 1969 et, d'une certaine manière, je n'en suis plus jamais reparti. J'aime ce peuple, cette façon qu'il a de vivre. Je suis solidaire de ce peuple. Et puis, on vit dans un cadre enchanteur !
Il y a tout ici. La sérénité, la beauté, la "sauvagitude"... On vit dans un air pur. Il n'y a pas de stress. Avec le temps, je suis devenu Corse !

Que projetez-vous après la fin de votre tournée avec Pluribus ?

Cela fait déjà deux ans que l'on tourne ensemble. Même si on a toujours autant de plaisir à se retrouver pour jouer ce spectacle, je prépare déjà le prochain. C'est un grand, un très grand projet, une sorte de récapitulatif de la carrière sous une forme qui s'approchera un peu de la comédie musicale.
Vous n'imaginez pas le nombre de chansons que vous ne connaissez pas encore et que vous allez découvrir ! Des chansons qui disent des trucs formidables !
Ce sera un spectacle énorme. Seules une cinquantaine de salles en France auront la taille nécessaire pour l'accueillir car on sera 30 sur scène !

Michel Fugain et Pluribus sont ce mercredi 13 janvier sur la scène du Théâtre Olympia à Arcachon à partir de 20h45.
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